Voyageur du monde, Benoît FERON est fasciné par l’Afrique, qu’il parcourt depuis 20 ans pour témoigner de sa pluralité et de son incroyable diversité. Avec plus de 70 voyages sur ce continent à son actif, ses premières rencontres se dérouleront dans les grandes ethnies de la corne de l’Afrique. Une quête d’authenticité et un retour aux sources de l’humanité pour des échanges hors du temps, témoins de traditions ancestrales. Benoît se tournera aussi vers l’Ouest, ses ethnies et ses célébrations et vers l’Afrique Australe et ses villes pour témoigner d’une Afrique nouvelle, en pleine évolution, soulignant par-là cette incroyable pluralité de ce continent en mouvement.
Porté par sa soif pour l’exploration du monde, Benoît ne se limite cependant pas à un seul continent et parcourt le globe depuis plusieurs années pour témoigner de sa diversité. Ses nombreux voyages en Inde notamment ou ses reportages sur Burning Man (USA) et Afrika Burn (Afrique du Sud) en témoignent.
Animé par une vision artistique, son approche est inspirée par ces mots de Sebastiao Salgado qu’il admire: « les gens sont beaux partout et partout ils veulent être représentés avec dignité». Ses photos sont emplies de dignité et d’humanité, mais de réalité également.
Parmi ses thèmes de prédilection , on retrouve l’« Ethnicité », mettant en avant la diversité et l’excentricité des peuples et la peau comme canevas d’expression artistique, un thème qui l’a poussé à assister à de grands rassemblements humains, et dont il a témoigné lors de son expo « Sense of Identity » aux Rencontres de la Photographie à Arles en 2022 à la Fondation MRO.
Son autre thème favori est « Elements – Terra Abstracta », un travail sur les éléments de la Terre, photographiés de manière abstraite avec des approches variées, qui vont de la prise de vue aérienne à la macrophotographie. Sous son regard, les quatre éléments de la nature (l’eau, le feu, l’air et la terre) deviennent de véritables tableaux artistiques.
Benoît a publié différents livres, dont Portraits du Rift en 2016,Voyages en 2021 (issu de sa série FaceBook publiée lors du reconfinement en 2020-2021 pour faire voyager les gens) et Odyssée Africaine en 2024. Il a exposé abondamment en Belgique et en France, en ce compris aux Rencontres de Arles en 2022 à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz avec son exposition « Sense of identity ». Il a aussi monté une grande exposition au Hangar Art Center à Bruxelles en 2014 (« Portraits du Rift »), reprise à Montier en 2016 et accueillie très positivement par la presse et le public.
Son nouveau livre, « Odyssée Africaine », préfacé par André Delpuech, directeur du musée de l’Homme à Paris jusqu’en 2002 et édité par la maison d’édition Odyssée, est sorti en octobre 2024, à l’occasion du festival PhotAubrac 2024 et de son expo éponyme. Cette série aussi été exposée au Montier festival photo en novembre 2024 et en août 2025 dans le cadre du festival Off des Rencontres de la photographie de Arles et sera exposée en novembre 2025 à Bruxelles à la galerie The K art
Les Lacs du Grand Rift africain
La vallée du Rift africain est l’une des plus grandes fractures géologiques du globe : près de 8 000 km du nord de Djibouti jusqu’à la Tanzanie. Une déchirure terrestre où les plaques s’écartent, où les volcans respirent, et où sont nés certains des lacs les plus étonnants de la planète. Pour comprendre cette beauté brute, je l’ai survolée à plusieurs reprises à bord d’un petit Cessna, avec un pilote spécialisé dans ce type de vol. Du delta de l’Omo au lac Turkana, de Central Island au lac Logipi, puis plus au sud vers Bogoria, Baringo, Nakuru, Naivasha, et enfin les extraordinaires Magadi et Natron, chaque étape dévoile une palette nouvelle: verts opaques, rouges ferrugineux, jaunes sulfureux, Lac Logipi (Nord du Kenya) L’eau et les dépôts minéraux se mêlent pour former des paysages mouvants.
Les variations de densité et de salinité donnent naissance à des contrastes subtils, visibles uniquement depuis le ciel. Le vol en groupe des flamants, évitant les îlots, dessinent des formes similaires aux étendues de couleurs. Lac Magadi (Sud du Kenya) L’extraction du trona s’inscrit ici dans un environnement déjà façonné par des processus chimiques intenses, qui donnent des formes géométriques qu’on croirait issues d’un tableau abstrait. Flamants roses décollant du lac Logipi (nord du Kenya) dessinant des traînées argentées et révélant des motifs ondulants, sculptés par le vent et les flux minéraux. roses de flamants, noirs volcaniques, blancs de sel. Vue d’en haut, la nature se fait abstraction.
Les lacs deviennent des toiles : craquelures, marbrures, lignes de fuite, motifs organiques sculptés par le vent, les bactéries, les minéraux ou la chaleur. Les oiseaux eux-mêmes, en s’envolant, tracent des calligraphies éphémères sur l’eau. Cette exposition présente ces paysages comme je les ai découverts : non pas comme des lieux simplement spectaculaires, mais comme de véritables œuvres d’art naturelles. Ici, la Terre ne se contente pas d’exister : elle compose.
La vallée du Rift est le berceau de l’humanité. Elle est aussi, peut-être, l’un de ses premiers ateliers
